Faut-il une ordonnance pour le vaccin contre la grippe ?

Un stéthoscope, un flacon de vaccin et une seringue posés sur un bureau avec un porte-bloc vide.

La campagne contre la grippe démarre le 13 octobre 2026 en France métropolitaine, en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane. Mais l’ordonnance pour le vaccin contre la grippe prête encore à confusion. Entre le bon, la pharmacie et le médecin, on ne sait plus par où commencer.

On vous explique tout, pas à pas.

Ordonnance pour le vaccin contre la grippe, les règles depuis juillet 2026

Prescription obligatoire, bon de prise en charge accepté

Depuis juillet 2026, le vaccin contre la grippe se délivre sur ordonnance. Si vous voulez le recevoir remboursé, il vous faut une prescription ou un bon de prise en charge envoyé par l’Assurance Maladie.

Ce bon fait office de prescription.

Vous pouvez donc passer directement à la pharmacie avec :

  • Votre bon de prise en charge ;
  • Votre carte Vitale ;
  • Votre attestation de droits, si votre carte Vitale n’est pas à jour.

Le pharmacien contrôle votre éligibilité et vous remet le vaccin. À partir de 11 ans, il peut aussi vous vacciner sur place, si son officine propose le service.

Attention toutefois : le pharmacien n’est pas tenu de proposer l’injection. C’est une mission facultative. Avant de vous déplacer, renseignez-vous donc pour savoir si l’officine peut prescrire et injecter le vaccin dans votre situation.

Une prescription adaptée à votre âge

L’âge détermine qui peut prescrire ou injecter. Il influence aussi le niveau de remboursement. Demander « le vaccin contre la grippe » ne suffit pas : mieux vaut savoir à quelle catégorie vous appartenez.

  • Moins de 11 ans : le médecin ou la sage-femme prescrit le vaccin et l’injection. Un médecin, une sage-femme ou un infirmier peut ensuite vacciner l’enfant avec cette prescription.
  • De 11 à 17 ans : le pharmacien ou l’infirmier peut prescrire et injecter. Le médecin et la sage-femme gardent aussi cette possibilité.
  • À partir de 18 ans : médecin, pharmacien, infirmier ou sage-femme peuvent prescrire et administrer le vaccin.
  • Femme enceinte : la sage-femme, le médecin, le pharmacien ou l’infirmier peut prescrire et injecter, en suivant les règles liées à l’âge.
  • Personne immunodéprimée : le professionnel vérifie sa situation médicale et le vaccin adapté avant l’injection.

Ce vaccin se répète chaque année, car sa composition évolue selon les virus susceptibles de circuler. Une seule injection suffit généralement, à l’automne.

Pour les 65 ans et plus, deux vaccins sont privilégiés en 2026-2027 : Efluelda, dont la dose d’antigène est renforcée, et Fluad, qui contient un adjuvant censé stimuler la réponse immunitaire. Leur prix public en pharmacie de ville est de 24,99 €. Les vaccins standard restent cependant utilisables.

Vous pouvez recevoir, au même rendez-vous, le vaccin contre la grippe et celui contre la Covid-19.

Le professionnel les injecte alors dans deux zones différentes, par exemple dans un bras pour chacun. Si vous préférez les espacer, aucun délai minimal n’est imposé.

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Comptez environ deux semaines après l’injection pour que la protection s’installe.

Les dates de la campagne 2026-2027

En France métropolitaine, en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane, la campagne démarre le 13 octobre 2026, en même temps que celle contre la Covid-19.

Les calendriers varient toutefois selon les territoires :

  • Mayotte : la campagne a débuté en septembre 2026, selon un calendrier qui lui est propre.
  • La Réunion : le calendrier suit la saison de l’hémisphère Sud et commence au printemps.

Pharmaciens et autres professionnels vaccinent selon l’âge

Les professionnels habilités à prescrire et injecter

Plusieurs professionnels peuvent vous vacciner. Ce qui compte surtout, c’est votre âge, votre état de santé et le type de praticien que vous consultez.

  • Médecin : il prescrit et injecte à tout âge.
  • Sage-femme : elle prescrit et injecte à tout âge, y compris pendant la grossesse.
  • Pharmacien : il prescrit et injecte à partir de 11 ans, qu’il s’agisse de publics ciblés ou non.
  • Infirmier : il prescrit et injecte à partir de 11 ans. Pour un enfant plus jeune, il réalise l’injection sur prescription médicale.
  • Préparateur en pharmacie : il peut administrer le vaccin à partir de 11 ans, sous la supervision du pharmacien et dans les conditions prévues.
  • Étudiant de troisième cycle en médecine : il peut injecter sous la supervision de son maître de stage.
  • Étudiant de troisième cycle en pharmacie : il peut injecter à partir de 11 ans, sous supervision et dans le cadre autorisé.
Une soignante masquée, vêtue d’une blouse blanche et de gants bleus, injecte un vaccin dans le bras d’une patiente assise dans un cabinet médical.
À partir de 11 ans, les personnes éligibles peuvent être vaccinées contre la grippe par un pharmacien.

La personne qui prescrit n’est pas forcément celle qui injecte. Un médecin ou une sage-femme peut rédiger l’ordonnance. Un infirmier peut ensuite faire l’injection à votre domicile, sur prescription médicale pour un enfant de moins de 11 ans.

Les professionnels tiennent compte de votre état de santé et de vos éventuelles réactions allergiques passées. Ils notent la vaccination dans votre carnet ou votre dossier médical.

Il arrive que des personnes hors des publics prioritaires se fassent vacciner. L’accès reste possible, mais le remboursement n’est pas automatique.

La vaccination en pharmacie

La pharmacie reste souvent la solution la plus rapide pour un adulte. Demandez d’abord si le pharmacien peut prescrire et injecter. Présentez ensuite votre bon, si vous en avez un.

Pour une personne éligible de 11 ans et plus, le parcours tient en quelques étapes :

  1. Vérification : le pharmacien contrôle votre bon, votre carte Vitale et votre situation.
  2. Délivrance : il remet le vaccin lorsque la prise en charge est ouverte.
  3. Prescription : si besoin, il établit l’ordonnance dans le cadre de ses compétences.
  4. Injection : il vous vaccine dans l’espace prévu à cet effet.
  5. Traçabilité : la vaccination est enregistrée dans votre carnet ou votre dossier médical.

Vous avez perdu votre bon ? Le pharmacien peut vérifier votre éligibilité et établir un nouveau document dans les cas prévus. Vous pouvez aussi demander à votre médecin, à votre infirmier ou à votre sage-femme.

Un cabinet médical, un cabinet infirmier, une sage-femme ou un centre de vaccination peuvent aussi vous accueillir. Cela dépend de l’offre près de chez vous.

Le bon de prise en charge rend le vaccin gratuit aux publics ciblés

Les personnes qui bénéficient d’une prise en charge

Pour certains profils, l’Assurance Maladie prend en charge le vaccin contre la grippe à 100 %. Cette couverture concerne des critères médicaux, professionnels et familiaux.

Parmi les publics concernés :

  • Personnes âgées de 65 ans et plus : elles constituent la cible principale de la campagne.
  • Femmes enceintes : la recommandation vaut quel que soit le trimestre de la grossesse.
  • Personnes atteintes de certaines maladies chroniques : affections respiratoires, cardiaques, neurologiques, rénales, hépatiques, métaboliques ou immunitaires.
  • Enfants à partir de 6 mois présentant un risque particulier : leur situation médicale doit correspondre aux recommandations.
  • Personnes atteintes d’obésité sévère : le seuil retenu est un indice de masse corporelle d’au moins 40 kg/m².
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D’autres personnes sont également concernées :

  • Résidents d’établissements médico-sociaux ou de soins de suite : l’âge n’entre pas en compte.
  • Entourage de nourrissons fragiles de moins de 6 mois : la vaccination limite le risque de transmission autour du bébé.
  • Entourage de personnes immunodéprimées : elle protège indirectement la personne vulnérable.
  • Professionnels de santé et autres personnes exposées à des publics fragiles : la recommandation dépend d’un contact régulier et prolongé.
  • Certaines personnes exposées aux virus influenza porcins ou aviaires : leur activité professionnelle peut justifier une vaccination ciblée.

Les enfants de 2 à 17 ans sans maladie chronique peuvent eux aussi être vaccinés. Ils bénéficient d’une prise en charge partielle, à hauteur de 65 %, lorsque leur situation n’ouvre pas droit à une prise en charge intégrale.

Une professionnelle de santé masquée administre une injection dans le bras d’une femme enceinte assise sur une table d’examen.
La vaccination contre la grippe est recommandée pendant la grossesse, quel que soit le trimestre.

Certains professionnels peuvent être vaccinés dans le cadre d’une organisation mise en place par leur employeur. Celui-ci précise le lieu et les modalités pratiques.

En général, l’Assurance Maladie envoie un courrier d’invitation avec un bon, entre septembre et octobre en métropole, aux Antilles et en Guyane.

Recevoir, demander et utiliser le bon

Une fois le bon reçu, présentez-le à la pharmacie avec votre carte Vitale. Le pharmacien peut vous remettre le vaccin gratuitement. Il le fait dès que votre dossier confirme votre éligibilité.

Vous choisissez ensuite le professionnel qui vous vaccinera. Pensez aux limites d’âge vues plus haut.

Pour un enfant éligible de 6 mois à moins de 11 ans, le médecin ou la sage-femme doit compléter le bon avant la délivrance du vaccin.

Vous avez égaré le bon ? Contactez votre caisse primaire d’Assurance Maladie depuis votre compte ameli ou par téléphone au 36 46. Un professionnel de santé peut aussi vérifier votre situation et vous en remettre un nouveau, si les conditions sont réunies.

Vous n’avez rien reçu ? Ne concluez pas trop vite que vous n’êtes pas concerné. Les personnes suivantes doivent souvent demander le document à un médecin, un pharmacien, un infirmier ou une sage-femme :

  • Les femmes enceintes
  • Les personnes atteintes d’obésité sévère
  • Certains proches de personnes fragiles

Le bon ne remplace pas une évaluation médicale. Si une maladie, une grossesse ou un traitement particulier entre en jeu, prenez l’avis d’un professionnel.

Le remboursement dépend du public et du professionnel choisi

Le vaccin et l’injection ne suivent pas le même régime

Pour les publics ciblés, le bon permet de bénéficier de la prise en charge du vaccin à 100 %. L’injection, elle, suit les règles de remboursement propres à votre situation et au professionnel choisi.

Pour une personne éligible, le vaccin est remboursé à 100 % par l’Assurance Maladie. Pour l’injection, le remboursement est de 70 % si elle est faite par un médecin, une sage-femme ou un pharmacien. Il est de 60 % par un infirmier.

Dans certaines situations, l’injection peut être prise en charge à 100 %. C’est le cas pour une affection de longue durée ouvrant droit à exonération, une maternité ou une invalidité. Votre régime et votre complémentaire santé peuvent encore modifier le reste à charge.

En pharmacie, l’honoraire de vaccination varie selon que l’ordonnance existe déjà ou non :

  • Prescription établie par un autre professionnel : 7,50 € TTC.
  • Prescription rédigée par le pharmacien lui-même : 9,60 € TTC.
  • Départements et collectivités d’outre-mer : ces montants sont majorés selon le coefficient prévu.

Chez un infirmier, le tarif dépend aussi de la prescription. Il change selon que l’injection suit une ordonnance préalable ou une prescription établie par l’infirmier dans son champ de compétences.

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Chez un médecin, la vaccination peut s’inscrire dans une consultation. Le montant dépend alors du type de consultation facturée et de votre situation. Il ne se résume pas à l’honoraire de vaccination en pharmacie.

Avant de vous faire vacciner, vérifiez ces points
Cochez ce qui vous concerne pour savoir si une ordonnance ou un bon est nécessaire.

Ces publics sont ciblés et peuvent être vaccinés à 100 % sans rien payer, avec un bon de prise en charge.

Ce bon fait office de prescription en pharmacie, à présenter avec votre carte Vitale.

Le médecin ou la sage-femme doit prescrire le vaccin et l’injection, et compléter le bon avant la délivrance.

Le pharmacien n’est pas obligé de proposer l’injection, renseignez-vous avant de vous déplacer.

Vous devrez payer le vaccin, soit environ 12,77 € pour un vaccin standard, et l’injection, avec 7,50 € TTC d’honoraire si l’ordonnance existe déjà.

Contactez votre caisse via ameli ou au 36 46, ou demandez à un professionnel de santé de vérifier votre situation.

Sinon, présentez votre attestation de droits à la pharmacie.

Le prix reste à payer pour un adulte non ciblé

Un adulte qui n’entre dans aucune recommandation peut tout de même demander le vaccin. Il devra alors l’acheter et régler l’injection. Sa complémentaire santé peut toutefois prendre en charge une partie des frais.

Pour un vaccin standard comme Flucelvax ou Influvac, le prix public en pharmacie de ville est de 12,77 €, honoraires de dispensation inclus. Ces vaccins ne sont remboursables à 65 % que si une situation ouvre réellement ce droit.

Chez les 65 ans et plus, Efluelda et Fluad affichent un prix public de 24,99 € en pharmacie de ville, honoraires de dispensation compris. Leur usage préférentiel ne change pas le principe de prise en charge applicable aux publics ciblés.

En pharmacie, l’ensemble vaccin et injection revient à environ 20 à 22 €.
Prévoir environ 20 à 22 € au total pour le vaccin et l’injection en pharmacie.

Prenons un exemple. Un adulte non ciblé choisit un vaccin standard en pharmacie. Pour l’injection avec ordonnance préalable, il doit compter 7,50 € TTC. L’ensemble vaccin et injection revient à environ 20 €, voire 22 € selon les frais appliqués.

Ce calcul ne tient pas compte d’une éventuelle consultation médicale. Le montant final dépend du vaccin délivré, du professionnel choisi, des honoraires en vigueur et de votre complémentaire santé.

La donne change si l’enfant présente une maladie ouvrant droit à la recommandation ou bénéficie d’une exonération particulière. Dans ce cas, le médecin, l’infirmier ou la sage-femme vérifie le bon et le taux applicable avant l’injection.

Avant de vous déplacer, posez quelques questions à la pharmacie :

  • le vaccin est-il disponible ?
  • le pharmacien peut-il le prescrire ?
  • vaccine-t-il votre tranche d’âge ?
  • quel honoraire s’applique ?
  • quelle part restera à votre charge ?

Ces cinq questions vous évitent de confondre le prix du vaccin, l’honoraire d’injection et le remboursement de l’Assurance Maladie.

Gardez votre bon bien à l’abri jusqu’à la vaccination, puis vérifiez que l’injection figure bien dans votre carnet ou votre dossier médical. C’est cette trace qui vous servira l’an prochain, puisque le vaccin se répète chaque année.

Estelle Piston

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